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Le maintien de l’industrie de la construction en temps de crise sanitaire mondiale

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Le Québec, a choisi la sécurité en fermant ses chantiers le 25 mars dernier, il fait figure d’exception. Les syndicats ont finalement obtenu gain de cause en décriant la situation la semaine précédente : les travailleurs étaient encore sur les chantiers alors que le reste de la province était « en pause » avec des habitants confinés chez eux. Mais cet arrêt total n’est pas une généralité pour le reste du Canada. En Ontario, la construction fait partie des services essentiels et les travailleurs et entrepreneurs s’inquiètent. Ils demandent au gouvernement de la province plus de détails sur la définition d’essentiel et un ciblage des entreprises. En Alberta également c’est un service essentiel, où l’industrie de la construction représente l’un des plus gros employeurs de la province. Il en est de même en Colombie Britannique qui maintient elle aussi ses chantiers de construction résidentielle. Le Manitoba, la Nouvelle- Écosse, le Saskatchewan ainsi que Terre-Neuve et Labrador n’arrêtent pas non plus leurs travaux. La justification principale étant que la construction comprend également la réparation et urgences. Sur l’Île-du-Prince-Édouard, la construction n’a pas été répertoriée comme service essentiel, pourtant des chantiers sont encore en activité. Le fait est que la construction représente un nombre d’emplois important, presque vital au maintien des différentes provinces.

Aux États-Unis, les chantiers continuent de fonctionner dans différentes villes, c’est notamment le cas à New-York, une des villes épicentres du virus. Les ouvriers de la construction sont jugés comme des travailleurs essentiels dans une grande partie du pays. Les promoteurs, gros entrepreneurs mais aussi certains syndicats, ainsi le gouvernement sont en faveur de la continuité des travaux car c’est un besoin sociétal et économique. Aux États-Unis, la construction représente 7 millions de travailleurs en plus de représenter un des secteurs porteurs d’une économie américaine fragile. En attendant, les ouvriers s’inquiètent du manque de mesures d’hygiène et de la promiscuité avec leurs collègues. La peur de perdre son emploi est une réalité, les plus pauvres font le choix du portefeuille et vont travailler à leurs risques et périls. Cependant une forme de mobilisation se met en place notamment avec le hashtag #StopConstruction et des photos d’employés dans des espaces restreints. Ce mouvement a déjà permis de faire fermer quelques chantiers.

Du côté de l’Europe, en France, c’est un bras de fer qui s’est engagé entre les syndicats, fédérations de construction et le gouvernement français. La France est en confinement avec des mesures drastiques, cependant le gouvernement veut assurer la continuité de l’industrie de la construction. En l’espace de trois semaines, 80% à 90% des chantiers ont fermé leurs portes sur décision des bailleurs de fonds et entrepreneurs qui ont pris les devants pour protéger leurs salariés. Les représentants du secteur de la construction et le gouvernement ont entrepris de rédiger un protocole pour assurer la sécurité des travailleurs, et ainsi permettre la reprise des chantiers. Mais il n’est pas certain que ce protocole engendre l’effet escompté. Les travailleurs ont peur, entre autres, de ne pouvoir avoir accès à des masques ou encore à du gel hydroalcoolique en rupture dans le pays. En Suisse, le gouvernement n’a pas interdit formellement les chantiers mais préconise la fermeture des chantiers qui ne sont pas sécuritaires. Même si les grands chantiers nationaux sont fermés, les fermetures varient d’un canton à l’autre et les ouvriers sont soumis à la décision des maitres d’œuvres. L’Espagne vient tout juste de définir ses services essentiels et la construction n’en fait pas partie. Tout chantier sera donc impossible dorénavant, et les entrepreneurs espagnols estiment déjà que le secteur de la construction sera un des secteurs les plus touchés économiquement. Peut-être que cette réglementation arrive un peu tard alors que l’Espagne dénombre plus de 85000 personnes contaminées. Au Royaume-Uni, ceux qui ne peuvent pas travailler à domicile doivent aller travailler. C’est le cas des travailleurs de la construction qui commencent à s’inquiéter du manque de considération de leur gouvernement alors que les réseaux sociaux s’indignent, photos de chantier à l’appui.

Ainsi la question de la fermeture des chantiers et de la sécurité des travailleurs revient à l’appréciation de chaque gouvernement, qui elle-même est le reflet de sa politique interne face au virus. Les différents pays craignent des récessions économiques et l’industrie de la construction demeure un des piliers de l’économie au niveau mondial. Synonyme de stabilité financière, représentant des capitaux conséquents et employant plusieurs dizaines de millions de personnes à travers le monde. Dans ce contexte de pandémie mondiale, concilier sécurité au travail et maintien de l’économie représente un nouveau défi à relever. On peut y voir une occasion pour les entreprises de se démarquer en tant qu’employeur, en cherchant des solutions efficaces conjointement avec les gouvernements. La crise du coronavirus va durer plusieurs mois et l’adaptabilité de nos entreprises est déjà un sujet de société. À présent seul le temps pourra nous dire quelle province ou quel pays aura su protéger au mieux sa population et accomplir son devoir de protection de la santé publique.

Gaëlle Gilles
Coordonnatrice aux communications et événements
Elles de la construction

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