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Gagnantes 2021

Anne Boivin

Gagnante catégorie Femme professionnelle

Son parcours

Étudiante en technique, Anne Boivin faisait partie des 2 seules filles parmi la cinquantaine d’étudiants. À 17 ans, elle est la première femme travaillant à la voirie de Boucherville. Ensuite elle est engagée comme Estimatrice civil à Baie Saint-James. Un vrai coup de foudre pour les grands projets. À 23 ans, elle devient surintendante de nuit à la déconstruction de l’échangeur Saint-Pierre. Une fois diplômée en tant qu’ingénieure civil de Polytechnique, elle retourne à La Baie-James, le plus puissant complexe hydroélectrique du monde, pour 5 ans. Anne Boivin reçu différents prix d’excellence et deviendra directrice de projets travaillant dans les secteurs de l’énergie, ceux de l’industriel, du transport et de l’institutionnel. Durant sa carrière, elle a géré et mobilisé des équipes multidisciplinaires dans des environnements syndiqués et complexes. Sa gestion qui met l’humain au cœur des préoccupations, démontre son efficacité et stimule la collaboration de tous dans l’atteinte des objectifs.

Ce qui l’a conduit vers l’industrie de la construction

C’est l’histoire d’une passion pour Annie Boivin, déjà à 8 ans, son rêve était de de diriger un projet de central électrique en Afrique. À partir de ce moment, sa fascination pour la construction se mit à prendre forme et toutes ses actions se sont alors dirigées vers son but : devenir ingénieure-gestionnaire en construction.

Ses réalisations

Plus de 50 chantiers d’envergure nationale

Toutes les centrales hydroélectriques sur le territoire de la Baie-James

Le Grand foyer culturel de la Place des Arts

Mentore pour de jeunes aspirantes ingénieures

Mandatée à titre d’ingénieure praticienne pour le programme d’accès à l’égalité des femmes dans l’industrie de la construction par la CCQ

Ses défis

Au début de ses études en 1987, Anne Boivin, débute son BAC en génie civil avec insouciance dans un monde très majoritairement masculin. Survient le drame de la tuerie de Polytechnique fauchant la vie de 14 étudiantes. Sa vision change, et la tristesse fait place à la révolte. Ceci a propulsé son désir de réussir et de se battre à un haut niveau et tout au long de ma carrière. L’intimidation de certains hommes et le harcèlement verbal sont venus ponctuer sa carrière, mais c’était l’époque où certains gestes ou paroles, aujourd’hui inacceptables, étaient monnaie courante. C’était un vrai défi d’oser prendre sa place. Heureusement, la majorité des hommes deviendront au fil du temps ses alliés.

Sa vision de la place des femmes dans l’industrie

« À compétence égale peut avoir un parcours comparable à celui d’un homme, mais pour ce faire il faut leur faciliter l’accès à l’industrie. Favoriser leur épanouissement et travailler à ce qu’elles aient le goût de faire leur carrière dans ce domaine.C’est une question de culture, de comportement et non de compétences au féminin. Le partage de mon expérience de plus de 30 ans de carrière en construction, contribuera je l’espère à donner une vision positive de la place que peut prendre une femme dans l’industrie de la construction. »

Diane Deschênes

Gagnante catégorie Femme de métier

Son parcours

Ayant été couronnée « Miss Canada », la carrière de Diane Deschênes avait plutôt commencé dans un domaine excessivement féminin. Mais à l’approche de la trentaine, l’âge où le mannequinat différencie les générations, elle délaissa ce domaine d’activité. Elle fait alors son immersion dans l’industrie comme manœuvre dans l’entreprise de maçonnerie de son conjoint de l’époque qui manquait de main d’œuvre. Un vrai coup de foudre! Déterminée, elle fait son DEP en briquetage-maçonnerie en 2006. Son diplôme en poche, un homme et son jeune fils lui donne sa chance comme briqueteuse. À ce jour, ayant toujours la passion de son métier et avec déjà une bonne douzaine de cartes de formation et spécialité en main, elle développe continuellement son expertise. Tellement mordue de mon métier elle écoute tous les documentaires et vidéos qu’elle trouve sur le sujet.

Ce qui l’a conduit vers l’industrie de la construction

C’est en assistant les briqueteurs qu’elle commença dans l’industrie comme manœuvre, qu’elle eu la piqûre pour cette profession. Elle dit qu’elle est tombée dans le briquetage et la maçonnerie comme Obélix est tombé dans la marmite de potion magique ! Elle avoue, en riant un peu, qu’elle embrasse sa truelle en débutant ma journée. Elle lui dit à quel point je suis chanceuse d’avoir trouvé le métier qui me rend heureuse.

Ses réalisations

De très nombreux projets d’installation et de restauration.

Rénovation de la maison de la chanteuse québécoise Isabelle Boulay. Ce projet représentait un défi, car l’artiste était exigeante et la façade à restaurer était constituée d’une très vieille brique. Diane désirait réellement que le résultat soit à la hauteur des attentes de la chanteuse qu’elle beaucoup.

Sous les projecteurs dans le cadre de la populaire série télévisée Design VIP, animée par Marie-Christine Lavoie. Elle devait ériger un mur de briques dans la chambre des maîtres de la comédienne Anne Casabonne, l’invitée de l’émission.

Restauration de l’oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal, en 2009-2010. Un défi car il faut rénover les bâtiments patrimoniaux en employant les mêmes techniques utilisées à l’époque.

Ses défis

La conciliation travail-famille a sans doute été un des plus gros défis de sa carrière. Étant mère monoparentale d’un garçon autiste avec un déficit de l’attention, elle a quelques fois eu à s’absenter du travail lorsque l’école appelait en urgence. Diane a aussi dû faire face aux inégalités à l’embauche : alors qu’elle était à la recherche d’un nouvel emploi en maçonnerie, elle avait entendu dire qu’un employeur recherchait des travailleurs pour compléter son équipe. Elle a fait parvenir son CV, mais plusieurs jours passent sans avoir de nouvelles. Se questionnant si le fait d’être une femme avait quelque chose à voir dans cette absence d’appel, elle a changé son nom sur le CV par celui d’un homme, tout en conservant le même descriptif. Elle a été contactée le lendemain. Mais elle reconnait aussi que certaines personnes l’ont marquée positivement au fil des ans. Elle a pu profiter de l’accompagnement, des conseils et de l’expertise de bons mentors et patrons.

Sa vision de la place des femmes dans l’industrie

Je pense que l’industrie de la construction n’est pas faite pour n’importe qui, homme ou femme. Oui, selon moi, il y a de la place dans ce milieu pour les femmes, surtout pour celles ayant du caractère et suffisamment de front pour ne pas se laisser intimider. Il y a encore des hommes, à ce jour, qui ne veulent pas voir de femmes dans l’industrie. Malgré ça, on n’a pas le choix, il faut quand même partager les tâches et les activités qui nécessitent une collaboration. Par ailleurs, je suis convaincue que certaines spécialités de l’industrie auraient avantage à engager plus de femmes. Je pense, entre autres, aux peintres, électriciennes et monteuses d’acier. Ces métiers demandent de la minutie et un sens de l’esthétique.

Tania Kokolakis

Gagnante catégorie Relève

Son parcours

Tout au long de ses études, Tania Kokolakis a toujours été une personne engagée qui tenait à participer à toutes les activités sportives ou parascolaires proposées. De plus, durant sa première année en génie civil à l’Université McGill, son côté entrepreneurial l’a incité à acquérir une franchise de peinture. Cette opportunité lui a permis de développer ses aptitudes de gestionnaire tout en maintenant son apprentissage scolaire. C’est lors de son stage chez Quadrax et Associés au baccalauréat qu’elle a vécu sa toute première expérience dans le domaine de la construction. Après quatre ans au sein de cette entreprise, elle était prête à relever de nouveaux défis. Elle a donc décidé d’entreprendre un MBA au HEC Montréal. Pendant plus de deux ans, elle a travaillé à titre de chargée de projets chez Carbonleo pour les Résidences privées du Four Seasons à Montréal. Suite à la réalisation de ce défi de taille et après avoir débuté le projet du Royalmount, elle a fait le dernier saut pour me rendre à la tête du département de l’estimation chez QMD, il y a près d’un an.

Ce qui l’a conduit vers l’industrie de la construction

Dès son jeune âge, Tania avait beaucoup d’aplomb et aimait être responsable de différents projets. Une facilité avec les mathématiques et la physique qui l’a poussé à poursuivre ses études en génie civil. Durant son baccalauréat, elle envisageait plutôt travailler en conception car le domaine de la construction lui était complètement inconnu et c’est son stage chez Quadrax et Associés qui lui a permis d’apprivoiser cette industrie. On li confia des responsabilités qui dépassaient le cadre ordinaire de ses fonctions. De plus, elle eu la chance d’avoir une vue d’ensemble sur les différents enjeux entourant l’industrie ce qui l’a aidé à identifier rapidement les éléments qui la passionnaient dans ce domaine. Elle a parfois l’impression que ce n’est pas elle qui a choisi l’industrie de la construction, mais que c’est plutôt elle qui l’a choisie!

Ses défis

Être jeune parmi des gestionnaires d’expérience n’est pas facile, mais être une jeune femme dans un monde d’homme est encore plus ardu. Malgré son inexpérience à ses débuts chez Quadrax, elle a dû négocier des contrats de sous-traitance pouvant aller jusqu’à 2M$, principalement avec des hommes d’expérience. Avec son assurance hors du commun, elle a su gagner leur respect et ainsi user adéquatement de son pouvoir décisionnel dans le cadre de ses négociations. C’est en travaillant avec acharnement qu’elle a réussi à créer des relations d’affaires significatives. Pour parvenir à briser la barrière relative à son âge et gagner la confiance de ces clients, elle a mis les bouchées doubles afin de connaître parfaitement leurs dossiers. Sa capacité à anticiper les réactions et les questionnements de ses clients a définitivement été la clé de son succès. Tout en étant juste, sincère et professionnelle dans ses négociations avec les clients, elle est parvenue à respecter les objectifs de l’entreprise et même les surpasser. Chaque jour, elle mène un combat pour démontrer que son expérience est aussi valable que la leur et qu’elle est capable de relever ce défi qui lui a été confié. Néanmoins, chaque fois que je change d’environnement, je dois refaire ses preuves.

Sa vision de la place des femmes dans l’industrie

Une femme dirigeant une entreprise de construction, c’est impressionnant et intimidant. Sa position est plus représentative du travail accompli, puisque pour s’y rendre, elle se doit d’être excellente et presque sans faille. En ce qui me concerne, j’ai toujours eu l’impression qu’il n’y avait pas de place à l’erreur et que je devais performer constamment, et ce, seulement pour espérer être considérée pour un poste de haut niveau. À mon avis, leur côté innovateur, leur initiative et leur motivation pourraient faire grandement évoluer l’industrie pour répondre à des enjeux actuels, tels que l’environnement et le développement durable. Somme toute, une place pour les femmes existe dans ce domaine, mais elle est encore trop petite. Cependant, c’est à nous les femmes de ne pas avoir peur et de foncer pour atteindre nos objectifs et nos rêves afin d’agrandir cette place; elle nous attend!

Nancy Raymond

Gagnante catégorie Femme entrepreneure

Son parcours

Autonome dès l’âge de 17 ans, Nancy Raymond réalise que la structure d’éducation offerte par le Cégep ne lui convenait pas. Anxieuse de pouvoir s’établir financièrement, elle choisit un parcours académique plus rapide par le biais d’un DEP en comptabilité. Fille d’entrepreneur, elle a toujours tenu à faire ses preuves et bâtir sa propre réputation. Après une décennie à œuvrer pour le gouvernement fédéral, elle a réalisé qu’elle était bel et bien une entrepreneure. Mère monoparentale d’une jeune fille de sept ans et nouvellement enceinte, elle a décidé de sauter à pieds joints dans le monde des affaires en 2005, en procédant à l’acquisition d’une franchise en nettoyage et rénovation après sinistre à Gatineau. En 2007, elle devient franchiseur du territoire du Québec, procédant ainsi à une croissance de 8 à 18 franchisés. Ensuite elle rompt sa relation d’affaires avec cette bannière pour faire l’acquisition de Steamatic Canada, un réseau de franchises du même domaine en opération depuis plus de 50 ans, ce qui lui permet encore aujourd’hui d’être à la tête d’un réseau national. Aujourd’hui entraîneuse pour le programme Émergence de l’EEB, elle cumule plusieurs formations du HEC, de l’Institut du Leadership et diverses formations en ligne, en plus de participer régulièrement à des conférences et panels de discussions.

Ce qui l’a conduit vers l’industrie de la construction

Étant fille d’un entrepreneur en toiture, la construction fait partie de son ADN familial puisque plusieurs membres de sa famille œuvrent dans différents secteurs de la construction, depuis de nombreuses années. Elle se rappelle quand son père et ses oncles parlaient d’affaires chez ses grands-parents, elle adorait écouter leurs histoires.

Ses réalisations

La première femme actionnaire unique, présidente et directrice générale d’un réseau dans le domaine de l’après-sinistre au Québec en 2007

La première femme propriétaire d’une bannière nationale en Amérique avec Steamatic Canada

Veille à l’établissement d’une structure d’entreprise qui se veut basée sur un modèle incitant l’intrapreneuriat, qui a valu à Steamatic Canada le prix de PME de l’année en 2019 par la Chambre de commerce de Gatineau.

Impliquée dans diverses causes telles que le Réseau Mentorat, Présidente d’honneur des Rêves de Monique et Présidente d’honneur de la campagne Des Ailes pour Elles

Ses défis

L’un des principaux défis auquel elle a fait face a été à son arrivée dans l’industrie en 2005, alors qu’il n’y avait presque pas de femmes qui y œuvraient. Elle devenait franchiseur de ses collègues masculins qui avaient déjà beaucoup de mécontentement envers son prédécesseur. Elle a dû faire sa place et s’imposer dans un milieu pratiquement entièrement masculin. Mais le plus grand défi auquel elle a été confrontée est survenu en 2016, lorsqu’elle a été frappée par la maladie au même moment de son acquisition de Steamatic Canada. Elle a dû complètement lâcher prise et faire entièrement confiance à son équipe en place pour gérer les choses, alors qu’elle luttait pour sa vie à l’hôpital. Cette expérience s’est avérée être un beau succès et lui a appris plusieurs leçons.

Sa vision de la place des femmes dans l’industrie

Ça me désole de devoir encore répondre à ces questions, car pour moi, on ne devrait plus les poser. Force est d’admettre que nous avons encore beaucoup de travail à faire pour reconnaitre la femme comme un atout en entreprise, surtout en construction. Je suis chanceuse d’avoir de bons ambassadeurs dans mon cercle d’affaires; des hommes et des femmes qui misent sur le leadership et les forces de chacun des membres de leurs équipes pour arriver aux succès escomptés. Je crois profondément qu’il est de la responsabilité de tous de faire de la place aux femmes passionnées et déterminées.

AECO Gestion de projets

Gagnante catégorie Petite ou moyenne entreprise

L’entreprise

ÆCO – gestion de projets est une entreprise montréalaise dont la mission première est d’offrir des services professionnels dans le domaine de la gestion de projets. Fondée en 2007, ÆCO – gestion de projets est composée de quatre associés : le président fondateur, M. Siamak Barin, architecte, la vice-présidente, Mme Christine Pinsonneault, ingénieure, Mme Véronique Bérubé, B. Gest., et M. Michel Laguerre, architecte, PMP. À cette équipe de direction vient se joindre une équipe multidisciplinaire de 23 personnes, dont 16 gestionnaires (architectes, ingénieurs, techniciens, spécialistes, etc.) de niveaux séniors, intermédiaire et junior.

Ses initiatives pour favoriser l’intégration des femmes

L’équipe de direction est composée de femmes à 100 %, ainsi elle démontre par l’entremise de leurs publications sur les réseaux sociaux que des femmes ont des promotions à l’interne et occupent des postes décisionnels au sein de son organisation. AECO s’assure que les femmes soient bien représentées dans le but d’encourager et normaliser la mixité dans l’industrie de la construction.

Dans un souci d’inclusivité et d’intégration, l’équipe de direction a décidé d’offrir des mécanismes de soutien aux travailleuses comme un programme de mentorat ou un système de jumelage avec des professionnelles d’expérience. De plus, des équipes de soutien et un réseau pour la diversité a été mis en place.

Les ressources humaines de l’entreprise s’affairent à déterminer et éliminer les obstacles dans les pratiques d’embauche et d’emploi en priorisant l’embauche des femmes à compétences égales et s’assure d’offrir des conditions de travail égales pour les femmes et les hommes. Elle offre aussi de la flexibilité afin d’améliorer la conciliation travail – famille.

Enfin, ÆCO – gestion de projets s’est engagée à créer un climat de travail exempt de toute forme de discrimination et de conduite pouvant être considérée comme harcelante et prohibitive. Les actes, paroles, blagues ou commentaires basés sur le sexe, la race, la couleur, la nationalité, l’âge, la religion, le handicap d’un individu ou tout autre trait protégé par la loi ne sont pas tolérés.

Avec la pandémie  AECO a décidé d’agir avec bienveillance auprès des employé.e.s en offrant encore plus de flexibilité et de compréhension comme des congés supplémentaires, services d’aide psychologique, services de médecin…

Les retombées positives

Avec la mise en place du programme de mentorat, AECO a constaté une augmentation notable de la participation des femmes dans son équipe. Au cours des rencontres d’évaluation annuelles, les employé.e.s ont fait part des effets positifs de ces mesures. Parmi ceux-ci, une atmosphère reposant sur le respect mutuel, une cohésion d’équipe et un sentiment d’appartenance plus fort sont les effets notés.

Les suivis réguliers par les rencontres mensuelles ont facilité la compréhension entre l’équipe de direction et les membres de l’équipe. En assurant une communication transparente dans un environnement sans jugement, les femmes se sentent à l’aise de partager leurs expériences.

La conciliation travail et vie personnelle est une mesure qui instaure un climat de confiance entre la direction et les employés. La direction juge qu’il est important de traiter les employé.e.s à la hauteur de leur professionnalisme et leur laisser une indépendance. Cette liberté et cette confiance assure la rétention de personnel.

L’ensemble de ces mesures permet aux femmes de se réaliser professionnellement et permet un plus faible roulement de personnel. Ces mesures ont aussi un effet positif chez les employés masculins, en collaborant au quotidien avec des femmes, ceux-ci deviennent des alliés et prennent soin de s’assurer de laisser l’espace nécessaire et d’accorder la reconnaissance de leurs pairs sans distinction du genre. Ces mesures, en plus d’assurer un espace ouvert pour les femmes, permettent de changer les mentalités au quotidien dans l’industrie de la construction.

Les objectifs futurs pour ses employées

Ultimement, AECO – gestion de projets cherche la parité. Il est possible, dans un court terme, d’augmenter la publicité destinée aux femmes dans le métier. Ces publicités auraient comme objectif de montrer aux jeunes femmes qu’il existe des modèles dans l’industrie de la construction, et qu’elles peuvent connaître du succès. La sensibilisation des employés masculins aux enjeux liés au genre dans la construction est aussi un autre objectif à court terme au cœur de l’organisation. À l’aide de groupes de discussions, les difficultés vécues par les femmes pourront être mises de l’avant afin de s’assurer que les rapports de pouvoirs s’équilibrent.  À moyen terme, l’entreprise désir s’impliquer aux niveaux collégial et universitaire afin de témoigner qu’il est possible, et même gratifiant d’être une femme travaillant dans l’industrie de la construction.

Jade Payer

Gagnante catégorie Coup de cœur du public

Son parcours

Titulaire des cartes de compétences, Jade Payer est monteuse d’acier certifié Sceau Rouge depuis 2012 avec plus de 15 000h de travail en chantier dans ce domaine.  Elle est à l’origine des organisations de travailleuses avec la création de comités des femmes au sein des Local 725 Ironworker Calgary, Local 711 Ironworker Montréal et Conseil Provincial l’Inter. Elle a participé à la conférence internationale TWBN (TradesWomen Build Nation) à Chicago en 2017 et Minneapolis en 2019, mais aussi au 36th Annual Instructor Training Program-Ironworker au Michigan en 2018. Coach et Staff à PSI Seminars (Personal Success Institute) en Californie de 2016 à 2021.

Ce qui l’a conduit vers l’industrie de la construction

Pour Jade, la construction était au départ une bouée de sauvetage. Elle était en situation précaire, seule avec un bébé. Il fallait trouver une solution rapide pour mettre fin à la misère. Elle s’est donc lancée dans le monde de la soudure.  »Ironworker » s’harmonisait parfaitement à sa personnalité. Il y avait seulement un petit souci : aucune femme n’avait encore osé frapper à la porte du Local 728. Elle a dû persister jusqu’à ce qu’ils l’envoient enfin sur son premier chantier, car quand elle une idée en tête… Presque une décennie entière est passée depuis, et elle s’est bâtie une vie de rêve grâce aux opportunités offertes par son métier. Elle est fière de ses accomplissements.

Ses réalisations

– Réfection des ponts Laviolette, Batiscan et Pierre-Laporte – Renforcement de structure à l’usine WestRock à Warwick –

– Réfection du convoyeur principal de l’OPP, Rio Tinto, Sorel (QIT)

 – Reconstruction des Fours I et III de l’Acierie, Rio Tinto, Sorel

– Construction du pont Samuel-de-Champlain – Construction de Novatel inc., Calgary, AB

 – Agrandissement de la Cimenterie LaFarge, Exshaw, AB

 – Construction de Computer Modelling Group Ltd., Calgary, AB

 – Construction de Quarry Crossing Phase II & III, Calgary, AB

– Construction de Imperial Oil Campus, Calgary, AB

– Agrandissement Aéroport de Calgary

– Agrandissement à la Raffinerie Syncrude Mildred Lake, Fort McMurray, AB

– Réfection de Cheminées et Four à Vale Manitoba Operations, Thompson, AB

Ses défis

Son plus grand défi qui perdure depuis des années, est la reconnaissance de ses compétences. Dans le contexte actuel de la culture de chantier, à chaque nouveau projet elle doit refaire ses preuves. Parce qu’elle est une femme, ses collaborateurs considèrent qu’elle ne connaît pas son métier et l’infantilisent. Il devra s’écouler plusieurs semaines avant que l’on ne lui confie enfin des tâches dignes de sa capacité. Son autre défi de taille a été de d’apprendre à mettre des limites dans un atmosphère de travail vulgaire. Elle s’était convaincue que toute cette violence n’était pas si grave, qu’en fait cela ne la dérangeait pas. Quelques années plus tard, elle a dû faire une grande démarche de guérison car elle était profondément blessée. Elle était prête à quitter le métier. Mais au lieu de raccrocher sa ceinture, elle s’est retroussée les manches et décida de relever son défi ultime : faire un travail de fond dans l’industrie pour changer la culture de chantier.

Sa vision de la place des femmes dans l’industrie

En tant que Femmes de la construction, nous acceptons de faire figure de pionnière et de défricher un passage pour la prochaine génération. Nous acceptons de relever le défi d’excellence et de déconstruire les préjugés. Nous acceptons de faire face aux multiples difficultés de manière réfléchie en utilisant nos ressources. « Travailler en construction » c’est une carrière, c’est du sérieux! Est-ce que les femmes ont leur place? Bien sûr! Tant qu’elles sont conscientes des enjeux actuels et qu’elles traitent leur métier avec respect, elles auront du succès.

Yuping Cao

Coup de cœur du jury

Yuping a été diplômée d’un baccalauréat en anglais à l’Université Petroleum de Chine en 2009. En 2010 elle a l’opportunité de rejoindre l’Institut Confucius De Montréal comme professeure de mandarin. Suite à des difficultés familiales, devenue femme au foyer durant quelques années, elle a dû rebondir pour entamer un nouveau chemin professionnel dans la construction. Passionnée par le travail manuel, et après plusieurs recherches, elle choisit de faire un DEP en charpenterie-menuiserie en 2018. Travailler en construction représente pour elle plusieurs défis dont celui de se faire reconnaitre à sa juste valeur physique en comparaison aux hommes, elle fait parfois face à des commentaires désagréables, ou connait des discriminations à l’embauche à cause de cela. Yuping mène un défi pour concilier son travail et sa famille, elle qui est une mère monoparentale 100% du temps. Elle reconnait qu’il est difficile de trouver des entrepreneurs compréhensifs et flexibles. L’intégration culturelle est un autre enjeu : après le mandarin et l’anglais, le français est sa troisième langue. Yuping craint d’être exclue pour ces raisons mais aussi du fait qu’elle est une femme dans un milieu traditionnellement masculin. Dans le futur Yuping rêve de construire elle-même sa minimaison mobile. Cette mère aimante veut plus que tout donner une vie confortable et pleine d’opportunités à ses enfants. L’industrie de la construction est pour elle un champ des possibles et elle se projette facilement dans une belle carrière dans un métier qu’elle qualifie de prometteur ! Investie dans la cause des femmes, elle a fondé un regroupement féminin au sein de son école de métier pour renforcer la solidarité et soutenir les femmes comme elle.

« C’est encore merveilleux que chaque personne puisse suivre sa passion et choisir un travail qu’il ou elle aime et un métier où nous pouvons réaliser nos valeurs. J’aimerais voir plus en plus des femmes et membres de LGBTQS dans la construction. J’aimerais voir plus en plus d’acception, d’encouragement, de soutien et de la solidarité.« 

Touchés par l’histoire de Yuping Cao et son parcours atypique, les membres du jury ont choisi spontanément de souligner sa résilience et son courage en offrant une bourse de 1000$ de la part de Desjardins.

Merci à nos partenaires

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